" (.) La Troupe de l'Escouade a très vite imposé dans la création théâtrale de la région Haute-Normandie un style particulier fait de paradoxes : sensibilité et insolence, gravité et humour, intelligence et dérision. (.) Depuis 1994, les créations de l'Escouade sont autant de prétextes à affirmer une vraie personnalité et le dynamisme d'une troupe vive. "
Daniel Gillet (S.N. Dieppe) 

"Emmanuel Billy est un drôle de personnage : authentique jusqu'à la provocation, drôle, séduisant et talentueux. Beaucoup d'esprit, une joyeuse jubilation, de l'imagination à revendre, une volonté manifeste de créer ses propres références.On a l'impression que pour lui tout est jeu et que le sourire, la vitalité, l'exubérance sont des vertus fondamentales qu'il ne faut jamais perdre l'occasion d'exalter. Le temps passe, sa réflexion théâtrale prend indiscutablement de la densité et pourtant il garde une ingénuité irrévérencieuse qui lui permet de poursuivre dans le bonheur ce qu'il appelle "l'engagement de donner vie par la voix, le corps et l'esprit aux fantômes que sont les mots"
Liberté Dimanche F. Vicaire 1996

" Emmanuel Billy. une légèreté sincère, teintée d'acidité, une forme rare d'insolence rieuse, une énergie entraînante, bref, tout ce qui découle d'un goût contagieux de la vie."
Alain Milianti (S.N. Le Volcan, Le Havre)

«Peter et Vicky” à l’Escouade»

Une pochade cascadante


C’est un moment à double lecture que propose La Troupe de l’Escouade avec sa nouvelle production.

D’un côté, il y a l’aventure humaine d’un duo d’artistes qui s’épuise à courir après les ombres de ses succès passés et de l’autre, sous-jacente mais totalement d’actualité, l’esquisse de ce parcours du combattant que représente la défense du spectacle vivant.

De cette réflexion à deux vitesses est né un spectacle épatant, incisif, gentiment dévastateur et qui s’alimente à une même exigence : l’amour d’un métier de plus en plus difficile à mener si on veut garder son intégrité.

Peter et Vicky, eux, ne se sont pas posés de problèmes existentiels tout le long de leur carrière chaotique. Ils ont aimé, ils ont tout fait, tout expérimenté et même si au bout du compte ils en sortent d’une certaine manière épuisés ils n’en gardent pas moins une “santé” qui leur permet de rebondir à chaque fois sur de nouveaux registres, de nouveaux numéros, de nouveaux bonheurs et, au bout du compte, sur des désillusions qui, elles, ne sont pas nouvelles.

S’il en est pour qui on peut parler de résilience ce sont bien pour ces deux phénomènes qui confondent allègrement la fiction et la réalité, se chipotent sur le désoire mais se retrouvent toujours dans l’essentiel qui est de servir un public devant lequel ils jouent leur rôle et leur vie.

Spécialistes des apparences, Peter et Vicky n’en gardent pas moins des éclairs de lucidité qui les mettent face à une réalité qu’ils  escamotent dans des numéros dont les illusions éculées ne trompent plus personne... sauf eux-mêmes.

Même si parfois il laisse passer de petites pointes d’amertume, le message est loin d’être nostalgique. C’est une pochade cascadante dans laquelle les deux comédiens se livrent à un étonnant numéro d’acteurs. Christine Leroy, ébouriffée et ébouriffante et Yvan Chevalier, engoncé dans son emploi de séducteur gominé, sont à la fois drôles et émouvants, pitoyables et grandioses. Ils chantent, ils dansent, ils mènent avec un brio sans faille un jeu minutieusement réglé par Emmanuel Billy dont la mise en scène est construite essentiellement sur le rythme, les couleurs et la musique. Celle de Gérard Yon évite adroitement les pièges de la parodie.


Elle s’inscrit dans les époques et dans les styles que traverse le couple avec une aisance et une élégance qui lui permettent de contourner les lourdeurs de l’illustration et de recréer, ainsi, une ambiance parfaitement évocatrice tout en restant originale.

Cette variation toute en drôlerie et en désillusions légères donne à Olivier Gosse l’occasion d’écrire un morceau de vie dans laquelle la cruauté et la tendresse se côtoient en permanence. Très juste même dans la démesure, il touche là où cela pourrait faire mal si dans un clin d’œil et dans une pirouette, Peter et Vicky ne venaient fort à propos rappeler qu’en dépit de toutes les lassitudes et de toutes les difficultés auxquelles il est souvent confronté, le spectacle... continue.


François Vicaire

Théâtre en Normandie.com

Magazine d’information culturelle n°17

Novembre 2008


ON NE BADINE PAS AVEC L'AMOUR   d'Alfred de MUSSET

Mise en scène d'Emmanuel Billy


…Jeux de Rôles

Ces moments de parfaite fusion ont permis des scènes extraordinairement belles et intenses. Avec une telle scénographie, une telle mise en scène, les comédiens et comédiennes de l'Escouade pouvaient s'impliquer dans l'histoire d'amour compliquée de passion et de mensonge qu'est "on ne badine pas avec l'amour". S'impliquer dedans, totalement, comme s'y était impliqué Musset (alors en crise sentimentale) en l'écrivant. Jouant les jeux et les rôles authentiquement, ils en ont actualisé le propos… Ils ont fait du théâtre contemporain avec une pièce romantique. … Je crois que de dedans sa tombe, Alfred de Musset a vu le spectacle. Alfred de Musset, comme on pouvait le penser, s'est retourné dans sa tombe. Il ne pouvait pas faire autrement en prenant son pied…

Infos Dieppoises. 20/05/94


THE GOLDEN VANITY de Benjamin BRITTEN

"Mélodrame pour Chœur d'enfants et Piano"

Mise en scène d'Emmanuel Billy


Le vent en poupe pour le "Golden Vanity"

Quant à Emmanuel Billy dont on connaît l'enthousiasme juvénile, il s'emploie à meubler une action assez réduite en jouant avec les masses, sur le mouvement et le rythme. Sa mise en scène, explicative sans être appliquée, donne à cette histoire de tempête et de trésors un ton où l'humour, la poésie et l'aventure trouvent naturellement et parfaitement leurs marques.

Un excellent moment de théâtre musical qui laisse bien augurer des futures traversées du "Golden Vanity". Il a le vent en poupe.

Liberté Dimanche. 14/12/96




BAROCCO DE NUIT A LA BARAKA d'Emmanuel BILLY

Mise en scène d'Emmanuel Billy



Du théâtre qui mélange les genres

L'occasion de rencontrer un style, une écriture ainsi que des comédiens virevoltants et gonflés d'énergie brute. Le jeune metteur en scène est un touche-à-tout qui se plaît à dynamiter les conventions dans un ensemble particulièrement bien réglé. Le ton est résolument léger, humoristique et décalé, y compris lorsqu'il s'agit d'aborder des thèmes graves comme la guerre ou l'inceste. Cette énergie est ici communicative, ce que l'on pourrait souhaiter pour nombre de spectacles de théâtre.


Paris Normandie. 11/02/98


XXS PETITES CHRONIQUES D'UN SIÈCLE DÉJÀ PASSÉ

Ecriture et Mise en scène d'Emmanuel Billy



Une ouverture de saison qui fait mouche.

… Totalement conquis, le public a participé, "bougé" et surtout beaucoup ri -quelquefois un  peu jaune- avec XXS "petites chroniques d'un siècle déjà passé". Défilé de mode satyrique sur fond de musique rythmée, séquence souvenir des chanteurs dont les temps forts sont un constat amer : notre siècle manque vraiment d'amour ! …Quant à la ballade des illustres, on y retrouve pêle-mêle les bons et les méchants ! Les applaudissements ont salué avec la même vigueur le sketch du téléachat et enfin la comédie musicale qui concluait la soirée…

      Le démocrate - octobre 1999



"Esprits curieux, voyageurs du temps, arpenteurs de la mémoire, plongez en cette ère reculée que fut le XXème siècle ! Au travers d'un musée et d'un cabaret, les artistes de l'Escouade mettent en lumière brillamment les années passées ; machines infernales, acrobaties suspendues… un spectacle d'une qualité assurément XXL !"

                     Châtillon 1er Octobre 2000




ALLUMETTES FRICTION d'Emmanuel Billy

Mise en scène d'Emmanuel Billy


"…Un manège à histoires, une plongée ludique dans l'univers des contes populaires… Le tout navigue entre poésie, humour et cauchemar ! À voir."

     Liberté Dimanche -  Décembre 2002





Kaspar et Juliette » : vivre sa vie en jouant celle des autres


21 Mars 2016 , Rédigé par François Vicaire / Théâtre en Normandie.


Présenté en avant-première au Grenier de la Mothe qui est une antenne intelligente de l'animation cuturelle en pays de Bray, c'est un spectacle qui aurait très bien pu s'inscrire dans lecadre du festival « Art et déchirure ». En effet, « Kaspar et Juliette », que présente actuellementla troupe de l'Escouade sur un texte et dans une mise en scène d'Emmanuel Billy, s'inscrit parfaitement dans cet espace bien particulier qui traite des difficultés de personnes souffrants dehandicaps plus ou moins lourds et à qui le théâtre offre des bouffées d'oxygène régénérescentes.


L'argument prend pour lointaine référence le fait divers historique de Kaspar Hauser, surnommé« l'orphelin de l'Europe » qui fut peut-être l'héritier du Grand-Duché de Bade et aurait été «gommé » du monde pour d'obscures problèmes dysnatiques. L'histoire porte en elle tous les ingrédients du drame romantique au point d'avoir fasciné la littérature, le théâtre, le cinéma et lapoésie. Mais si Emmanuel Billy a pris pour axe de départ cette énigme qui n'a jamais été élucidée avec certitude, son propos va bien au-delà.


Les personnages qu'il a imaginés ont aussi leur mystère. Ils sont à la recherche de leur identité profonde et font preuve, en même temps, d'une belle détermination à s'imposer dans un monde où la différence pose le problème de la reconnaissance mais aussi celui de sa propre acceptation de soi.


Emmanuel Billy entre de plain-pied dans la réalité des choses en engageant une réflexion sur les moyens de « sortir de la marge ». Ses personnages y parviennent en revendiquant ce qu'ils sont et ce qu'ils veulent devenir avec tout ce que cette volonté implique comme nécessité de communication et en même temps entendent affirmer leur désir dans son sens le plus concret et impérieux.


« Kaspar et Juliette » évoque sans détour ces problèmes cruciaux en donnant à deux comédiens souffrant, chez l'un, d'un comportement parfois difficile et chez l'autre de difficultés visuelles, les rôles principaux dans lesquels ils peuvent se retrouver.


Mais il ne faut pas s'y tromper, « Kaspar et Juliette » ne relève pas de la thérapie de groupe.

Même si Hervé Langbourg est à l'ESAT de Cailly et Priscilla Guillemain-Pain appartient à la troupe du Théâtre Euridyce de l'ESAT de Plaisance, ils sont l'un et l'autre des comédiens à part entière qui ne jouent pas leur vie mais prennent à leur compte avec un vrai talent celle qu'Emmanuel Billy a inventée pour eux.

D'ailleurs, le jeu de miroir est assez troublant pour brouiller les pistes mais on ne perd jamais de vue la réalité des comédiens. Celle qu'ils assument dans la fiction est suffisemment forte et bien menée pour que l'acte théâtral garde toute sa dimension.


C'est d'autant plus vrai qu'avec un intelligent jeu de panneaux mobiles, des projections et les lumières de Geoffroy Duval, la mise en scène sert parfaitement la performance d'acteurs. Ce professionalisme affirmé reste avant tout l'élément essentiel du spectacle d'autant plus que Valérie Diome et Sophie Caritté apportent la solidité de leur talent et la maîtrise de leur sensibilité pour servir de point de répère et permettre à leurs camarades de jouer le jeu avec un naturel et une fraîcheur d'intentions absolument convaincante. Le public s'y laisse prendre avec le sentiment d'assister à l'épanouissement de natures dramatiques qui ont la force et les fragilités dont tout comédien, même le plus aguerri, ne se départit jamais.


En l'occurence, pour ce spectacle, la fiction prend le pas sur la réalité.


Et c'est très bien ainsi.


A Saint-Valéry-en-Caux au « Rayon Vert »

Jeudi 31 mars à 20h30

A Petit-Couronne au « Sillon »

L’Aventurarium

de Théodore Labougeotte

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Mêm' pas peur!